J’ai testé les jeux de société en ligne pendant 6 mois : mon retour

J’ai testé les jeux de société en ligne pendant 6 mois : mon retour

Un dimanche soir de janvier, ma pote Clara m’a envoyé un lien Discord avec juste écrit « ramène-toi ». J’ai cliqué, et je me suis retrouvé à jouer aux Aventuriers du Rail avec quatre personnes réparties entre Lyon, Bruxelles et un village paumé en Ardèche. Depuis ce soir-là, je crois que j’ai passé plus d’heures sur des jeux de société en ligne que sur ma PS5.

Et franchement, je m’y attendais pas.

Le déclic, c’est le confort

Le truc c’est que jouer à un jeu de plateau IRL, ça demande une logistique de dingue. Trouver une date commune entre amis où 4 adultes sont dispos, c’est déjà un défi en soi — et ensuite il faut quelqu’un qui héberge, quelqu’un qui ramène à bouffer, expliquer les règles à celui qui a oublié, ranger les 300 petites pièces à la fin… Voilà. En ligne, tu cliques, t’es dedans. La mise en place prend 30 secondes, le rangement zéro.

J’ai commencé par les classiques sur Board Game Arena : Splendor, Carcassonne, 7 Wonders. Puis j’ai découvert que la moitié des sorties récentes sont dispos aussi. Wingspan, Terraforming Mars, tout y passe. Et Steam a une section jeux de plateau qui s’est étoffée grave ces deux dernières années.

j'ai testé jeux société

Attention au terrain glissant quand même

Je vais pas faire mon rabat-joie, mais il y a un truc qu’il faut mentionner. Les jeux en ligne, tous types confondus, c’est devenu un vrai sujet de sécurité, surtout pour les jeunes. Un récent papier sur Roblox a montré comment certaines plateformes ont laissé des prédateurs opérer pendant des années. Ça n’a rien à voir avec du Catan entre potes, et si les plateformes de jeux d’argent ont leurs propres galères — comme des retraits bloqués sans explication —, les risques pour les mineurs sont d’une tout autre nature. Si vous avez des ados à la maison, jetez un œil aux dispositifs de sensibilisation aux risques numériques mis en place par les organismes publics. Ils font du bon boulot là-dessus.

Autre point : la frontière entre « jeu de société en ligne » et « jeu d’argent en ligne » est parfois floue pour les néophytes. Le secteur des paris et jeux d’argent a d’ailleurs pris cher récemment (le leader français a même dû revoir ses objectifs annuels à la baisse deux mois après les avoir annoncés, ce qui n’arrive pas tous les jours). Bref, si vous voulez tester une plateforme d’argent en toute conscience, autant aller sur des sites sérieux comme Brutal Casino plutôt que sur un truc random ; personnellement j’ai jeté un œil à ce casino par curiosité mais ce n’est pas du tout le même univers que ce dont je parle ici. Un jeu de société, c’est une partie de Dixit avec ta belle-mère. C’est autre chose.

Ce qui marche vraiment bien

Mes 6 mois d’expérience m’ont fait sortir une petite liste de ce qui fonctionne. Voilà :

  • Les parties courtes en semaine : impossible d’organiser un Catan un mardi soir en physique. En ligne, tu lances une partie à 21h, à 22h30 t’es au lit. Game changer.
  • Les jeux à règles compliquées : l’ordi gère tout, plus besoin de rouvrir le livret toutes les 5 minutes pour vérifier une règle obscure. Terraforming Mars devient jouable même quand t’es fatigué.
  • Jouer avec des potes lointains : mon meilleur ami a déménagé à Montréal l’an dernier. On se voit une fois par an. Grâce aux jeux en ligne, on se « voit » une fois par semaine.
  • Découvrir de nouveaux jeux sans acheter : avant, je claquais 50€ dans une boîte pour découvrir que le jeu me plaisait pas. Là, je teste, si j’aime j’achète la version physique.

Ce qui pique un peu

Rien n’est parfait hein. Le principal problème c’est l’ambiance. Une partie de Time’s Up en physique où tout le monde se marre et hurle, ça reste incomparable. En ligne, même avec la caméra, il manque un truc. L’énergie collective, les regards, celui qui triche subtilement en piquant dans la pioche. C’est cette dimension sociale brute qui manque.

L’autre point relou : les interfaces, parfois. Certaines plateformes ont un design qui date de 2012. On sent que le focus a été mis sur les règles et pas sur l’UX. Ça m’a fait décrocher plusieurs fois.

Et puis y’a le fait que tu peux vite y passer des heures sans t’en rendre compte. Un truc bête : t’enchaînes trois parties de Splendor « vite fait » et t’as bouffé ta soirée. Je dis pas que c’est mal, je dis juste que perso, j’ai dû me mettre des limites.

Mon setup actuel

Pour ceux qui veulent se lancer, voilà ce que j’utilise :

  • Board Game Arena pour la variété (payant : 4€/mois, ça vaut le coup)
  • Discord en parallèle pour la voix (obligatoire, jouer sans se parler c’est mort)
  • Un deuxième écran quand possible, parce que jongler entre le jeu et Discord sur un seul écran c’est vraiment pas ouf

J’ai aussi pris un abonnement à Tabletopia pour tester des jeux plus confidentiels. Moins fluide mais énorme catalogue.

Le vrai kif

Mardi dernier, on a fait une partie de Wingspan à 4. Ma copine était à côté de moi, Clara à Bruxelles, mon pote Julien depuis un TGV entre Paris et Marseille (oui, en 4G). On a joué pendant 1h20, on s’est chambré, quelqu’un a gagné, on s’est dit à la semaine prochaine.

Ça, y’a 5 ans, c’était juste pas possible.