J’ai scrollé LinkedIn pendant 2 heures hier soir. Deux. Heures. Comme le raconte Christine Buscailhon dans sa note, ce genre d’habitude peut vite devenir problématique.
Entre les posts qui commencent par « Je suis fier d’annoncer » et ceux qui finissent par « Qu’en pensez-vous ? », j’ai compté 47 mentions du personal branding. 47. En 2 heures. C’est devenu le nouveau « growth hacking » de 2026 : tout le monde en parle, personne ne sait vraiment ce que ça veut dire, mais apparemment c’est indispensable pour ta carrière.
Le pire ? J’ai moi-même organisé un atelier sur le sujet à Lyon le mois dernier. Oui, je fais partie du problème. Mais au moins, j’assume : le personal branding, c’est pas la révolution qu’on nous vend. C’est juste… communiquer sur qui on est. Point.
D’ailleurs, c’est marrant comment certains secteurs ont intégré cette notion de « marque personnelle » depuis longtemps sans en faire tout un plat. Prenez Aphrodite Casino par exemple : leurs croupiers live ont tous développé leur propre style, leur façon unique d’interagir avec les joueurs. C’est ça aussi, le casino en question l’a bien compris : l’authenticité paie toujours plus que le marketing forcé.
LinkedIn est devenu Instagram, et c’est pas forcément mal
On critique beaucoup la « LinkedInisation » des CV. Les photos léchées, les posts inspirants du lundi matin, les success stories qui sentent bon le storytelling à deux balles.
Franchement ? C’est pas si grave.
Ce qui me dérange, c’est plutôt l’uniformisation. Tout le monde poste la même chose, au même moment, avec les mêmes émojis. Les recruteurs que j’ai rencontrés ces derniers mois me le confirment : ils ne regardent même plus les posts « thought leadership ». Trop de bruit, pas assez de signal.
Les chiffres qui font mal
| Type de contenu LinkedIn | Engagement moyen 2025 | Engagement moyen 2026 |
|---|---|---|
| Post « inspirant » générique | 3,2% | 0,8% |
| Partage d’expérience concrète | 7,1% | 12,4% |
| Question technique/métier | 5,5% | 8,9% |
| Carrousel « 10 conseils pour… » | 8,3% | 2,1% |
Les gens en ont marre des formules toutes faites. Normal.
Pourquoi tout le monde s’y met quand même
Parce que ça marche. Voilà.
Pas le personal branding sauce 2023 avec ses codes ridicules et ses posts formatés. Mais l’idée de base : être visible, identifiable, mémorable dans son domaine. Mon collègue Thomas, développeur backend de son état, a décroché son job actuel grâce à ses articles techniques sur Medium. Contrairement à ceux qui cachent leurs gains par exemple, lui mise sur la transparence : pas de selfies en costume, pas de « thrilled to announce ». Juste du contenu solide sur des problèmes qu’il a résolus.
Le vrai personal branding, c’est ça : montrer ce que tu sais faire, pas ce que tu veux qu’on pense de toi.
Les erreurs classiques (j’en ai fait la moitié)
- Copier le style de quelqu’un d’autre (spoiler : ça se voit)
- Poster tous les jours pour « rester visible » (l’algo s’en fout maintenant)
- Utiliser ChatGPT sans relecture (les formulations IA, ça se repère à 10km)
- Parler de sujets qu’on ne maîtrise pas (« fake it till you make it » a ses limites)
L’IA a tout changé (et c’est tant mieux)
Les outils d’IA pour optimiser son profil LinkedIn ? J’en ai testé une dizaine. La plupart te sortent le même baratin corporate qui fait fuir tout le monde. Mais certains sont vraiment utiles pour structurer tes idées, corriger tes fautes, ou trouver le bon angle pour un article.
Le truc, c’est de s’en servir comme d’un assistant, pas comme d’un ghostwriter. Si ton contenu sonne faux, les gens le sentent. L’authenticité, ça ne s’automatise pas.
Ce qui fonctionne vraiment en 2026
Après avoir analysé des centaines de profils (oui, j’ai du temps à perdre), voici ce qui marche :
- Une ligne éditoriale claire : tu parles de quoi, pour qui, pourquoi
- De la régularité sans obsession : 1 post de qualité par semaine > 7 posts médiocres
- Des vrais retours d’expérience : les échecs intéressent plus que les succès
- Une vraie personnalité : tes passions, tes convictions, ce qui te fait tiquer
Pas besoin d’être parfait. Besoin d’être vrai.
C’est con, mais c’est ça.
Mon approche perso (qui vaut ce qu’elle vaut)
Je poste quand j’ai quelque chose à dire. Pas pour nourrir l’algo, pas pour « maintenir ma visibilité ». Quand j’ai testé un nouvel outil, lu un bouquin qui m’a fait réfléchir, ou galéré sur un projet.
Mon dernier post qui a cartonné ? Un thread sur mes galères avec Kubernetes. 15K vues, 200 commentaires. Mon post « inspirant » sur la résilience en entreprise ? 127 vues. CQFD.
Les métriques qui comptent (spoiler : pas les likes)
Les vrais indicateurs de succès :
- Les DM intéressants (pas les spam de vendeurs de formation)
- Les opportunités concrètes (projets, collaborations, speaking)
- Les connexions de qualité (des gens avec qui tu échanges vraiment)
- L’évolution de ton expertise (ce que tu apprends en créant du contenu)
Le reste ? Du bruit.
FAQ : les questions qu’on me pose tout le temps
Faut-il vraiment être sur LinkedIn en 2026 ?
Ça dépend de ton secteur. Dans la tech, le marketing, le conseil ? Clairement oui. Dans d’autres domaines, Instagram ou TikTok peuvent être plus pertinents. L’important c’est d’être là où sont tes pairs et tes clients potentiels.
Comment trouver sa « ligne éditoriale » ?
Regarde tes 10 dernières conversations pro intéressantes. De quoi tu as parlé ? Qu’est-ce qui t’a passionné ? C’est souvent là que se cache ton angle. Perso, je parle toujours de l’intersection entre tech et usage réel. C’est mon truc.
L’IA va-t-elle tuer le personal branding ?
Non. Elle va juste tuer le personal branding pourri. Si tout le monde utilise les mêmes prompts pour générer du contenu, ceux qui écriront vraiment ressortiront encore plus. L’IA est un outil, pas une stratégie.
Combien de temps ça prend vraiment ?
Entre 2 et 5 heures par semaine si tu veux faire les choses bien. Moins si tu recycles du contenu que tu produis déjà (présentations, docs internes, retours d’expérience). Plus si tu veux devenir « influenceur » (mais là, c’est un autre métier).
Au final, le personal branding reste un outil. Comme un marteau : tu peux t’en servir pour construire ou pour tout casser. La différence ? Ton intention et ton authenticité.
Maintenant, je retourne scroller LinkedIn. J’ai 3 notifications.
